ECHOS DES PRAIRIES - PRESSE
Dignité de l'Animal
- Meuglements
L'animal
vaudra mieux qu'un sac à main
(TdG,19.09.02,A.G.)
Les animaux domestiques vont pouvoir
miauler ou aboyer de plaisir. Après 10 ans
de tergiversations, Le Conseil National
Suisse a décidé à une écrasante majorité d'accepter
la loi qui confère un statut juridique
aux animaux. Ces derniers ne seront
bientôt plus considérés comme des choses.
Le Conseil des Etats ayant donné son accord, le
projet est définitivement sous toit. Le dossier va néanmoins
passer devant le peuple, car 2 initiatives populaires en
faveur des bêtes sont toujours pendantes.
Franz Weber a déjà annoncé qu'il ne
retirera pas la sienne qui prévoit des
avocats pour défendre les animaux (voir
ci-dessous). Ce que le Parlement refuse
catégoriquement. Le débat ne s'est pas
éternisé à la Chambre du Peuple. Car tout le monde
est peu ou prou d'accord sur le fond. L'animal est doté d'une
sensibilité, il vaut mieux qu'un "sac à
main" (dixit parti des Verts), mais pas
question de le mettre au niveau de l'être
humain. Voilà pourquoi les députés refusent les initiatives
populaires qui, en voulant modifier la
Constitution, donneraient "une importance
disproportionnée" au statut des bêtes. Il s'agit donc de régler pragmatiquement
les problèmes qui se posent avec un animal
en cas de divorce, de décès, de perte ou
de blessure (voir ci-dessous). Quand on examine la nouvelle loi due à
une initiative parlementaire Radicale, on
constate cependant qu'au royaume des animaux,
certains sont plus égaux que d'autres. Le Parlement fait nettement la
distinction entre ceux "vivant en lieu
domestique" et ceux "à but patrimonial et de gain"....
Pas question d'appliquer les
améliorations de la loi à la vache
Margueritte ou à Max le cochon. Tous les animaux domestiques
ne sont pas traités à la même enseigne. On n'indemnisera
pas de la même manière un chien d'aveugle diplômé et un vulgaire bâtard...
Ces demandes d'indemnités pour une bête
blessée ou tuée inquiètent fortement le
parti UDC. Il craint une dérive à l'américaine.
Sans aller jusque là, les différents partis émettent
quelques réserves. "Il ne faudrait pas
que l'on considère un chat persan plus
important qu'un pauvre hère renversé sur
la voie publique", avertit le parti radical. "Nous comptons
sur la modération des juges en matière
d'indemnités" renchérit le parti libéral.
Au vote, les initiatives sont balayées et le projet Marty
accepté par 96 voix contre 11 et 11 abstentions.
Les points
forts de la nouvelle loi
En cas de divorce ou d'héritage
conflictuel, le juge attribue la
propriété exclusive de l'animal au conjoint qui,
"en vertu des critères appliqués en matière de protection
des
animaux, représente la meilleure solution pour l'animal".
Le juge peut obliger le bénéficiaire à verser une indemnité
équitable à l'autre partie. Il en fixe librement le montant.
Les frais de traitement
d'un animal domestique blessé font "l'objet
d'un remboursement approprié, même s'ils sont
supérieurs à la valeur de l'animal".
Si un animal est blessé ou tué,
le juge peut tenir compte, "dans une
mesure approprié, de la valeur affective de l'animal
pour son détenteur ou les proches de celui-ci".
En cas de poursuite
pour dettes, il sera interdit de saisir
un animal domestique.
L'animal ne devient pas un sujet de
droit ni un héritier.
Mais si le défunt impose à un héritier de prendre soin d'un
animal, ses dernières volontés devront être respectées.
Celui qui trouve un animal
perdu est tenu d'en informer le
propriétaire ou l'autorité compétenete. Deux mois après
la mise en refuge, il deviendra légalement propriétaire de
l'animal...
Dignité
L'animal ne doit plus être avili par l'homme (ATS,22.02.01,TDG)
''L'intérêt de l'être humain ne doit plus systématiquement primer sur celui de l'animal''.
Deux commissions fédérales (en Suisse) exigent un plus grand respect des bêtes, notamment par
l'interdiction des modifications génétiques à des fins purement lucratives.
La notion de dignité de l'animal est ancrée dans la Constitution depuis 1992. Elle doit être mieux
définie et élargie, ont demandé hier les deux commissions fédérales, mandatées par l'Office
vétérinaire fédéral (OVF), dans une prise de position commune sur une utilisation des animaux qui
ne porte pas atteinte à l'éthique.
La législation fédérale actuellement en vigueur protège les animaux contre les douleurs, maux,
dommages et peurs qui leur sont causés de manière injustifiée.
Mais les deux commissions proposent par exemple une interdiction générale de l'élevage
transgénique d'animaux à titre de hobby ou pour les compétitions sportives, ainsi qu'à des fins
purement lucratives.
ANIMAUX RESPECTES (G.EGGER, 16.12.99,
GHI)
Au Palais fédéral à Berne (Suisse), on parlait surtout de l'élection du Conseil fédéral. Ainsi, le
vieux projet de faire des animaux de compagnie autre chose que des objets, a-t-il été rejeté
distraitement. Les chats, les chiens resteront des choses. L'émotion des amis des bêtes va sûrement être vive. Mais connaissant leurs ressources et les
sursauts de la politique, tout n'est pas perdu. Le projet rejeté avait des défauts, comme celui de
différencier les animaux à but professionnel (ceux de l'étable ou du chenil) des animaux de
compagnie. Il avait par contre une qualité, il reconnaissait d'une certaine manière que
l'animal ne peut pas être traité comme une chose, parce qu'il souffre. C'est sur ce point que l'attention
devrait se focaliser. Il convient tout de même de ne pas dramatiser le refus du changement de
statut puisque nos compagnons à pattes sont déjà légalement protégés contre les souffrances.
Le point sensible reste l'attitude des propriétaires, les SPA étant chaque année envahies de
chiens et de chats abandonnés avant les vacances.
Loi ou pas, la responsabilité individuelle
est prépondérante dans le respect des animaux.

SALE BÊTE
(G.EGGER, 13.04.00, GHI)
Quand un roquet menace de mâcher vos chevilles, vous le traitez de «sale bête». Même chose
quand un humain se comporte mal. On dit de quelqu'un qu'il est «bête» quand il fait ce qu'une bête
ne ferait sûrement pas. On mélange sans cesse ce qui est humain et ce qui ne l'est pas. On ne
peut assimiler les animaux aux choses, comme l'a décidé le parlement, tout comme on ne peut
les mettre à égalité avec l'homme.
Les amis des animaux se mobilisent (GHI consacre son dossier à leur action). Bien sûr, il reste
une infinité de drames humains à résoudre, les malheureux, les maltraités, les exclus, les battus
sont suffisamment nombreux chez les hommes. Mais s'occuper du statut des animaux n'empêche
pas de garder à l'esprit qu'il reste des injustices humaines à combattre. Le tout est de ne pas
exagérer. Les animaux méritent le respect, surtout parce qu'ils sont à notre merci. Leur donner
un statut qui ne cède pas à la sensiblerie mais les élève un peu au-dessus des objets est un
exercice juridique utile. Il conviendra d'éviter qu'un chaton hérite d'un immeuble, bien sûr, mais
aussi qu'un tortionnaire puisse assommer et jeter son chien comme on jette un kleenex.
INITIATIVE
MAINTENUE
Trois questions à l'écologiste Franz
Weber : Maintenant que les Chambres
ont revalorisé le statut
juridique des animaux,
allez-vous retirer votre initiative
"Les
animaux ne sont pas des choses" ? - Je suis très heureux que le Parlement
ait accompli ce pas mais il est encore
insuffisant pour que nous retirions notre
projet. Nous réclamons des avocats pour les animaux
à l'instar de ce qui existe dans le canton de Zürich et aux
Etats-Unis. Or, cette mesure ne figure pas dans le texte
adopté.
Qu'en attendez-vous ?
- Il faut bien voir que chaque mesure
prise en faveur des animaux est une mesure
prise en faveur des êtres humains, en
particulier les enfants. C'est une autre conception de la vie que je défends, basée sur la
compassion et le respect de l'innocence.
Il y a pourtant des hommes
qui traitent mieux leur chien que leur
femme ?
- C'est bien sûr inadmissible mais ce
sont des exceptions. Si l'on cesse de
maltraiter des animaux, le respect d'autrui
ne peut que gagner en vigueur. Je continuerai à lutter pour que nous sortions de la mentalité du
Néandertalien...
Avis du Nutland
: Mouais... Y a encore du boulot...
Chiens dangereux
(GHI, 19.07.01, Ch.Z/ N: extrait)
Depuis le 5 juillet 2001, le règlement relatif aux chiens dangereux est en vigueur (GE/CH) afin de mieux définir la
notion de "chien dangereux" et de rendre possible la prise des mesures préventives, voire des sanctions. Ce texte
prévoit trois catégories de chiens dangereux : ceux appartenant à des races d'attaque, ceux dressés au combat et
ceux ayant déjà mordu des personnes ou des animaux domestiques. Sont considérés comme dangereux les chiens
appartenant à des races dites d'attaque, selon la classification
cynologique, ainsi que les croisements issus de ces
douze races : am'staff, boerbull, cane corso, dogue argentin, fila
brasileiro, mastiff, mâtin espagnol, mâtin napolitain, pitbull, presa
canario, rottweiler et Tosa.
Laurence Mermoud, adjointe au vétérinaire cantonal (GE), explique l'aspect préventif de cette réglementation et la
nécessité aujourd'hui de recenser ces chiens dangereux:
"Il est important que ces douze races de chiens soient recensées au Département de justice et police ainsi qu'à
l'Office vétérinaire cantonal et dans les communes. Les médecins qui soignent des personnes mordues par ces
chiens doivent également nous le signaler, tout comme les vétérinaires doivent nous annoncer des cas de morsures
sur d'autres chiens, mais aussi sur les poneys ou les moutons. Cela nous permet d'avoir connaissance de leur
nombre. Il s'agit de mesures purement préventives afin d'éviter les récidives."...
Animaux
(T.D.G., 28.04.01, F.D.)
Macaron ''Aidez-nous à les sauver''.
Une première en Suisse. La Société Protectrice des Animaux (SPA) Genève, en collaboration
avec le Service d'Incendie et de Secours de la Ville (SIS), lance officiellement un macaron intitulé
''Aidez-nous à les sauver''.
Cet autocollant, apposé sur les portes d'entrée des appartements, permettra d'indiquer aux
services de secours la présence d'animaux à sauver dans le logement.
500 cochons s'affichent
(LM, 25.07.01, MN / N: extraits)
Consommation : Lancement d'une campagne pour que vous n'achetiez plus n'importe quoi dans votre boucherie.
La campagne vient de démarrer. Pendant deux semaines et sur tout le canton de Genève (Suisse), quelque 500
affiches vont être placardées. Ce seront autant de têtes de cochons, l'oeil malicieux et le groin gourmand. Au-dessus
de la photo, un petit texte annonce la couleur : "L'élevage abusif cause encore trop de souffrances animales. Nous pouvons agir en consommant différemment."
Plus prosaïquement, le message peut se résumer ainsi : "N'achetez plus n'importe quoi, ne mangez pas n'importe
quoi !"
Vaches folles, dioxines et fièvre aphteuse ont laissé des séquelles dans les esprits. Mais si le consommateur y
regardait d'un peu plus près avant de mâchouiller sa viande ?.
Autour d'une table de bistrot, c'est ce que se sont dit S.L, présidente du WWF Genève et son amie
A.I., graphiste. Elles ont aussitôt décidé de lancer une campagne qui prône le respect des animaux de boucherie. Comment ? En
privilégiant les labels et les marques qui garantissent de bonnes conditions d'élevage.
Sans moyen financier, l'une et l'autre ont trouvé des sponsors pour financer l'opération. Parmi eux, le WWF bien sûr,
la ville de Genève et la Chambre genevoise d'agriculture. Et une grande marque de distribution "Nous avons sollicité
tous les grands distributeurs. Elle seule a répondu" note S.L. Qui ajoute que la campagne n'a pas le moindre aspect
commercial.
"Genève est un canton riche, dit-elle, et c'est à lui de montrer l'exemple. Le label n'est pas officiel, d'accord, et c'est
parfois un peu plus cher. Mais au moins, on sait que la viande provient d'élevages respectueux des besoins de
chaque espèce".
Les deux femmes espèrent aussi pouvoir étendre un jour leur campagne dans d'autres cantons. Même si les normes
helvétiques font que les vaches, les poules, les moutons ou les cochons de Suisse sont, dit-on, les plus heureux du
monde...
ZURICH
- Un paysan se distingue dans l'art d'apprêter les vaches
pour les foires.
Le mois dernier, le
jury de la foire saint-galloise de l'Olma a rendu son verdict :
le
Zurichois Stefan Selinger est le meilleur coiffeur-styliste-visagiste
pour vaches
de Suisse. ''Pourtant, coiffure pour vaches ou pour dames,
c'est pareil'' assure ce jeune paysan de Turbenthal, ''notre art
consiste à mettre certaines choses en évidence et à en dissimuler
d'autres''. Pour qu'une vache puisse rire de se voir si belle dans les miroirs
de l'étable, son
propriétaire doit d'abord lui faire un double
shampoing. Le figaro n'intervient pas
avant que cette opération ne soit
dûment exécutée. Il saisit ensuite ses ciseaux ou
la tondeuse pour
que le poil soit coupé aussi court que possible sur la tête et la
gorge, à 3 mm sur les jambes, entre 3 et 5 mm sur le ventre. La taille
se révèle
plus subtile sur le dos. Elle sert à simuler une parfaite
rectitude de l'échine. Ensuite des petits ciseaux sont utilisés pour un travail très fin
: couper le poil le long des veines des pis. On renforce ensuite la
vigueur et l'ajustement du pelage
à coups de sèche-cheveux et de
brosse. Mais il ne faut pas négliger la couleur.
Avec des sprays beiges
ou noirs, on colore les zones où les bêtes perdront du poil
dans des
mouvements naturels. ''La queue doit en outre subir un crêpage pour
prendre de l'ampleur et la rondeur d'une grosse tulipe, bien ouverte'',
précise
l'expert. Les parties du corps des vaches laitières sont ainsi mises en
évidence en
permettant d'évaluer au mieux les capacités de
production. Cette mise en valeur
des indices de rendement peut
d'ailleurs sombrer dans la perversité. ''Aux Etats-Unis, au Canada et
même en Italie, du venin de vipère synthétique est parfois injecté
pour gonfler les pis et c'est une torture pour les bêtes'', dénonce
l'expert. Heureusement, la coiffure pour vaches reste respectueuse en Suisse
et c'est bien
plus l'amour des vaches que le goût du lucre qui motive
les artisans de ce métier.
Ils facturent le plus souvent 150 Frs une
mise en plis complète, alors que le travail
prend près de 3 heures.
Sans compter l'ultime détail : l'onction de Blanchette à
l'huile
d'amande pour ne pas chicaner le nez des jurés.
Commentaire
de l'Office Fédéral des Laineux : A quand des séances de
manucure
ou d'épilation ?...
